— Ma mère ! interrompit la jeune fille.

Son cri était si douloureux qu’on eût dit que ces paroles l’avaient blessée.

La marquise remarqua alors les traits bouleversés de sa fille.

Celle-ci, pour toute réponse, lui tendit un papier d’un geste brisé.

— Voyez, lisez, dit Diane d’une voix contenue, comme vous avez peu sujet de l’accuser…

Quand Mme de Trivières eut fini la lecture de la lettre, elle resta un moment sans rien dire, la feuille entre les mains, confondue par la preuve d’un désintéressement qui lui avait paru impossible.

Puis, par l’effet d’un de ces revirements dont elle était coutumière, la marquise courut à sa fille qu’elle prit entre ses bras et, appuyant la belle tête brune sur son épaule, elle la baisa avec tendresse.

— Dianette, ma chérie, dit-elle, retrouvant l’appellation qu’elle lui donnait dans son enfance, pourquoi n’as-tu pas eu confiance en ta mère ? Pourquoi ne m’as-tu pas parlé plus tôt ?

— Oh ! maman, vous aviez toujours tant de choses à penser ! Et puis, savais-je moi-même avant-hier que nous en arriverions là ?… Vous m’aviez permis d’aller chez sa grand’mère. C’est là que je l’ai rencontré…

— Et tu lui as écrit pendant un an sans que je m’en doute ?