C’était un joli spectacle de la voir à demi soulevée sur son lit blanc, ses mains pâles sortant de sa camisole festonnée et ses cheveux bouffants emprisonnés dans un coquet bonnet orné d’un ruban bleu.

Quand nous disons : « ses cheveux », il est bien entendu que les frisettes font exception.

Ces folles bouclettes se moquaient de toutes les barrières et de toutes les prisons. Elles s’épanouissaient sur l’oreiller, s’en donnant à cœur joie de sautiller de droite et de gauche ! Ici, du côté du papa, là-bas du côté du bébé, elles formaient, autour du front de Rose, une charmante auréole, qui accompagnait sa rayonnante maternité.

— Mademoiselle, dit la lingère, je vous avais promis un filleul, mais ce sera pour une autre fois ! Il faudra vous contenter d’une filleule.

— Je suis très contente d’avoir une filleule, répondit Diane. Nous profiterons de ce que je suis à Vauclair pour la baptiser. Avez-vous arrêté un nom ?

Cette question s’adressait aussi bien au père qu’à la mère.

Ceux-ci se regardèrent l’un l’autre, en souriant.

— Justement, nous en causions et nous nous disputions pour ce nom quand mademoiselle est entrée.

Victor voulait à toute force qu’elle s’appelle Rose, comme moi. Il disait, ce grand nigaud, — n’écoute pas, tourne-toi ! — il disait qu’il n’y aurait jamais trop de Rose Perrin et que, de cette façon-là, ça lui en ferait deux !

— Il n’y a plus de Rose Perrin, dit Diane.