— Oh ! pourtant, mademoiselle, fit la jeune femme en baissant la voix, à ma connaissance il y en a déjà eu deux : que mademoiselle se rappelle !
— Ne parlons plus de cela ; c’est du temps passé !
Et vous ? Comment désirez-vous appeler votre fille ?
— Moi, je voudrais l’appeler comme son père ; cela ferait Victorine ; c’est un joli nom !
Mlle de Trivières fit la moue, puis elle décida :
— Puisque je suis la marraine, il me semble que j’ai voix au chapitre. Voulez-vous que nous la baptisions Victoire. C’est un beau nom de guerre.
Rose battit des mains, au risque de réveiller le poupon.
— Victoire ! c’est très joli. Qu’en dis-tu, Totor ?
Totor était le petit nom d’amitié de Rose à son mari.
L’ex-soldat souriait béatement en approuvant de la tête. Il n’était guère plus habile à faire des phrases qu’à glisser sur le parquet sans sa jambe de bois ; mais il était bien heureux, c’était évident ; il voulait tout ce que voulait sa petite femme ; c’était à elle de décider…