Elle terminait en disant : « Et quand vous aurez retrouvé ce jeune homme, cet oiseau rare qui se permet de refuser deux millions et une fille comme la mienne, j’espère, général, que vous saurez lui faire entendre — si le pauvre garçon est toujours de ce monde ! — qu’il se doit au bonheur de cette enfant dont il s’est fait aimer… Hélas ! où est le temps où vous compariez Diane à certaine idole hindoue !… Elle souffre maintenant d’avoir le cœur trop sensible, oui, trop sensible !… Ma pauvre chérie, général, elle vous ferait pitié ! Prévenez-nous vite par un mot si vous avez des nouvelles. »
Dans la soirée, la malade reçut une autre visite qui lui fit du bien.
Ce fut celle du bon curé de Vauclair, qui venait, de lui-même, prendre des nouvelles, ayant appris l’indisposition de Diane par le médecin.
C’était un prêtre rustique dont la simplicité n’excluait point une grande finesse naturelle et une connaissance approfondie des âmes qu’il avait puisée dans son long sacerdoce.
Celle de cette jeune fille, qu’il avait jugée longtemps énigmatique, l’avait, depuis un an, rempli d’étonnement d’abord, puis d’une profonde admiration.
Pas à pas, il avait suivi son évolution, et il avait été heureux de constater dans cette âme pure, mais longtemps fermée à la charité, une floraison éclatante de vertus que la guerre avait fait éclore.
Suivant avec intérêt le développement de l’œuvre de la Biche-au-Bois, il s’en était institué l’aumônier volontaire et il n’était guère de jour où il ne passât y faire une petite visite.
Sa conversation fit le plus grand bien à Diane, qui passa une soirée et une nuit assez calmes.
Le lendemain, vers midi, Mme de Trivières reçut un télégramme ainsi conçu :
« Trivières. Vauclair. Sarthe.