« Mea culpa. Commence recherches. Aurez bientôt nouvelles. — d’Antivy. »

CHAPITRE IV

Jacques de Trivières était venu attendre sa mère et sa sœur à la sortie de la gare Montparnasse.

Très grand dans son costume de saint-cyrien, il s’était étonnamment fortifié durant son année d’école. Ses traits avaient pris une expression virile que complétaient son regard sérieux et sa fière tenue.

La génération des hommes très jeunes, au début du plus effroyable cataclysme qu’aura connu l’humanité, a été mûrie par les circonstances.

Les préoccupations qui s’agitent sous les fronts de vingt ans sont si différentes de celles que connurent leurs aînés, qu’on peut dire que cette époque aura vu des adolescents posséder le jugement et le tranquille courage des hommes faits, tandis que des jeunes hommes ont acquis l’expérience de vieillards.

En voyant paraître Diane auprès de sa mère, dans son costume de voyage en drap sombre qui accusait sa pâleur, Jacques fut frappé du changement qui s’était opéré en sa sœur depuis leur dernière rencontre.

Il s’en inquiéta, mais la jeune fille répondit hâtivement qu’elle n’était pas malade, qu’elle se portait très bien et s’informa de suite si, depuis sa sortie, le saint-cyrien avait revu leur tuteur.

Jacques l’avait manqué la veille, étant allé chez lui pendant que le général se présentait à l’hôtel de Trivières et demandait ces dames.

— Il n’a rien laissé pour nous ?