Tandis qu’ils descendaient cette rue, le général, qui n’avait guère parlé pendant le trajet, dit, avec inquiétude, en regardant les yeux secs et brillants de sa pupille :
— Tu seras courageuse ? Tu sauras maîtriser tes nerfs ? Je l’ai vu hier. Je connais son état. Souviens-toi qu’il n’est pas hors de danger, et qu’une émotion trop violente le tuerait…
Diane baissa la tête sans répondre.
Le général ajouta :
— Ce que nous faisons-là était défendu… Il ne devrait voir absolument personne !
Mais, à cause de toi, j’ai insisté auprès du médecin en chef. On nous permet d’entrer pour dix minutes seulement.
Ils descendirent devant la grille.
Diane se souvint de l’avoir franchie une autre fois au côté de l’officier, du héros, qui, peut-être à cette minute, agonisait derrière ces murs.
Déjà un an. Comme ses sentiments pour lui avaient changé !… Mais non, il lui parut qu’elle l’avait toujours aimé ; elle ne se souvenait plus de rien de ce qui n’était pas lui.
Appuyée au bras de son tuteur, elle se laissa guider à travers les couloirs compliqués ; ils arrivèrent enfin devant une salle dont elle reconnut l’entrée.