« Vous êtes au service de Mlle de Trivières, je lui en parlerai. Allez. »
« Ah ! ça va rondement ! Dix minutes à chacun, comme à confesse !
« Mlle Diane m’a demandé à voir l’ordonnance. Il y en avait bien pour 20 francs.
« Le soir même, on m’apportait le paquet de chez le pharmacien, et, depuis, j’en ai avalé des drogues, et je suis retournée plusieurs fois chez le médecin, qui m’a fait des pointes de feu…
« Il paraît que c’était plus grave que je ne croyais, mais, rassure-toi, je vais déjà bien mieux, et je ne tousse presque plus.
« Ça n’est pas encore toute la bonté de Mlle Diane ; elle m’a prise tout à fait comme lingère pour que je ne coure pas de droite et de gauche, et tu me vois installée dans son cabinet de toilette, les pieds au chaud, l’estomac bien garni, et, en face de moi, les arbres du jardin qui commencent à sortir leurs petites feuilles vertes…
« Ça, Totor, c’est meilleur que tout pour me guérir. Mlle Diane me donne ma tâche tous les matins ; elle m’en donne si peu, que j’en suis honteuse ; et le soir, comme je ne suis pas fatiguée, je couds un peu tes chemises neuves que tu trouveras faites quand nous nous marierons.
« Là-dessus, mon chéri, plus rien à te dire, excepté que j’ai été voir ta mère dimanche. La pauvre femme était fatiguée ; alors je lui ai fait son ménage à fond. Nous avons parlé de toi tout le temps. Quel bon dimanche !
« Au revoir, mon Totor, une bonne bise de ta petite fiancée.
« Rose. »