— Ce que vous voudrez, quelque chose de gentil.
— Voyons… que je cherche…
« Si vous saviez quel plaisir ce sera pour votre amie de penser à vous souvent, en marchant, en travaillant, à vous qui passez votre vie à souffrir pour la France… Ainsi je me sentirai plus près de mon Totor… »
— Oh ! pardon, mademoiselle, je me trompe !
— Cela ne fait rien, Rose, c’est corrigé : « de mon ami » ; ensuite ?
— « De mon ami. A toute heure, je me dirai : A-t-il bien ce qu’il lui faut ? Mange-t-il à sa faim ? Souffre-t-il du froid ou du chaud ? Est-il en grand danger ? Et je prierai Dieu de vous préserver de tout mal ; je lui demanderai d’écarter les obus de votre route, de vous envoyer la pluie qui rafraîchit ou le soleil qui réchauffe, de vous permettre le bon sommeil qui réparera vos forces, afin de vous donner tout le bien que je vous souhaite de tout mon cœur…
« Votre amie dévouée,
« Rose Perrin. »
— Oh ! Rose ! Rose ! vous m’en faites trop dire !
— Ça n’est pas bien, mademoiselle ? Quand mademoiselle me dit de l’aider, je fais comme si je pensais tout haut… Nos pauvres soldats ! Ils font tant pour nous !