« A cette condition, j’aurai, moi, un confident unique, et vous, monsieur le lieutenant, une amie sûre et fidèle, très discrète, à qui vous pourrez confier tout ce qu’il vous plaira.

« C’est entendu, n’est-ce pas ?

« Puisqu’il est convenu que nous jouons au petit jeu des devinettes en ce qui concerne nos caractères, je vais essayer de deviner le vôtre.

« Je me demande si votre sauvagerie ne cacherait pas au fond une grande sensibilité, un psychologue, un rêveur, plus qu’un homme d’action. En décrivant mon caractère, vous cherchez à me parer des dons que vous estimez le plus : artiste, sensible, poète !

« Hélas ! j’ai bien peur d’être loin de ressembler à ce portrait.

« Est-ce une cause qui doive nous empêcher de nous comprendre ?

« Non, je ne le pense pas.

« La différence des natures est au contraire un attrait. Et si je dois subir les effets de vos humeurs fantasques, je m’y résignerai… »

— Rose… une petite phrase simple pour finir ?

— Sur quoi, mademoiselle ?