« Vous n’aimez point la lecture, vous l’avouez !

« Ceci est tellement contraire à la nature de l’une et l’autre Rose !

« Quoi ! nos grands génies français : Racine, Corneille ne vous ont point émue ?

« La superbe Andromaque, la tendre Bérénice, le sublime Polyeucte ne vous ont jamais arraché des larmes ? Je voudrais avoir encore la fraîcheur de sentiment de ma première jeunesse pour retrouver, en les lisant, les mêmes émotions.

« Mais, en admettant que la grande tragédie vous soit inaccessible, petite Rose, regardez plus près de vous… lisez du Dickens par exemple ; je m’étonnerais bien si les malheurs de David Copperfield ou de la petite Dombey vous laissaient indifférente. Lisez encore cet admirable Récit d’une sœur, de Mme Craven, qui a le mérite d’être une œuvre vécue.

« Une nature aussi richement douée que la vôtre ne peut que gagner encore en se développant.

« J’ai l’air, vraiment, de vous donner des conseils.

« C’est un peu le rôle du grand ancien ami que je suppose déjà être pour vous.

« Et si vous voulez bien me permettre de compléter ces conseils par un autre, je vous dirai :

« Ne laissez jamais l’ennui pénétrer jusqu’à vous. Repoussez-le par tous les moyens…