« Il est tout à fait inexact que Diane n’écrive point au lieutenant de Louvigny.

« J’ai vu — de mes yeux vu — une enveloppe de lettre à son nom prête à mettre à la poste et que ma fille a écrite devant moi.

« Que vous faut-il de plus pour être convaincu ?

« Et je vous avouerai même que je me sens un peu inquiète de la tournure que prend cette correspondance !

« Une drôle d’idée, vraiment, que vous avez eue là, général !

« Je suis forcée de reconnaître que vous ne vous trompiez pas en prédisant que ma petite cachottière de fille ne me ferait part de ses lettres que jusqu’à un certain point… Vous entendiez par là le moment où l’amour commencerait à montrer le bout de ses ailes dans la correspondance de nos jeunes gens.

« Eh bien ! cher ami, ce moment a dû venir très vite, car je n’ai pas vu une seule des lettres de Diane et pas seulement aperçu la couleur de l’écriture de M. Hubert.

« Voilà où ils en sont après six semaines d’un échange de lettres assidu !

« Oh ! oui ! cela va bien… trop bien !

« Sentimental bon ami, vous avez placé ces enfants sur la pente et moi j’assiste, sans pouvoir l’arrêter, dans les limites que les convenances de notre monde devraient leur imposer, au déroulement du petit roman que vous avez combiné… J’en reste confondue, effrayée, tandis que vous, qui avez mis le feu aux poudres, vous vous en tirez en disant : Arrangez-vous !