— Rose, vous n’êtes pas plus raisonnable qu’un enfant ! Vous savez que, dans deux mois à peine, nous serons tous à Vauclair, vous voyez donc qu’il n’y a pas lieu… puisque je dois passer l’été là-bas…

L’ouvrière relève son front et sa physionomie changeante passe aussitôt à l’expression de la joie.

— Mademoiselle viendra !… tout l’été. Ah ! quel bonheur !

— Allez préparer vos affaires… Laissez cela ; Marie le finira. Rentrez chez vous, faites vos paquets et soyez prête pour le train de 8 h. 15 demain matin, à la gare d’Orsay. Vous y trouverez Pascal… Il vous indiquera l’endroit.

— Je ne verrai donc plus mademoiselle aujourd’hui ?

— Je vais au Bois ce matin. Vous pourrez me voir un moment ce soir, avant le dîner. Je vous donnerai des instructions pour votre travail là-bas. Mais j’exige avant tout que vous vous reposiez… que vous évitiez toute fatigue. Vous m’obéirez, n’est-ce pas ?

— Oui, mademoiselle.

L’ouvrière pliait avec soin la chemisette commencée. Tout à coup elle s’écria, en regardant par la fenêtre au delà du jardin, avec cette liberté de langage que Mlle de Trivières lui avait laissé prendre bon gré mal gré :

— Ah ! voilà la Bretonne du cinquième qui secoue par la fenêtre un dolman d’officier… Elle le secoue tellement fort… Elle va le lâcher !… Là !… Qu’est-ce que j’avais dit ! Où va-t-il tomber maintenant ?… Oh ! la Bretonne se penche ! Elle va y passer aussi ! Non ! elle se décide à descendre.

« Si mademoiselle permet, j’irai le lui ramasser… Il est tombé dans le jardin.