—Si, je sais ce que je dis, je vais mourir, mais en mourant je veux faire une blague aux archéologues, une bonne blague!
Et mon cousin frottait gaiement ses mains décharnées.
—Quand je serai claqué, tu mettras mon corps dans la grande armure chinoise qui est dans le vestibule en bas, celle qui te faisait si peur quand tu étais petit.
—Oui, mon cousin.
—Tu enfermeras le tout dans le cercueil en pierre qui se trouve dans le jardin, tu sais…, le cercueil gallo-romain!
—Oui, mon cousin.
—Et tu glisseras à mes côtés cette bourse en cuir qui contient ma collection de monnaies grecques: c'est comme ça que je veux être enterré.
—Oui, mon cousin.
—Dans cinq ou six cents ans, quand les archéologues du temps me déterreront, crois-tu qu'ils en feront une gueule, hein! Un guerrier chinois avec des pièces grecques dans un cercueil gallo-romain?
Et mon cousin, malgré la maladie, riait aux larmes, à l'idée de la gueule que feraient les archéologues, dans cinq cents ans.