Un monsieur, étranger à la localité, n'eut que le temps, pour ne pas être écrasé, de sauter sur le trottoir. Mais la roue de la voiture entra violemment dans la flaque et en projeta le contenu tout alentour.

Le monsieur étranger à la localité fut littéralement inondé de fange. Il en avait plein ses culottes, plein sa houppelande, sur le visage et jusque dans les cheveux.

Athanase conçut la plus vive allégresse de ce malheur. Il éclata de rire et, comme le monsieur s'éloignait en grommelant, il le rappela pour lui demander ironiquement:

—Voulez-vous une brosse?

Le lendemain, c'était le premier jour de l'an.

La boutique de M. Hume-Mabrize était à peine ouverte qu'un garçon de l'auberge du Roi-Maure vint demander un lavement émollient pour un client qui se tordait dans les plus pénibles coliques.

—Bien, répondit l'apothicaire; aussitôt préparé, Athanase ira l'administrer lui-même.

En ce temps, vous savez, le grand Eguisier n'avait pas accompli sa géniale invention et, presque toujours, les lavements étaient administrés par les apothicaires eux-mêmes ou par leurs garçons.

Comme une invention modifie les mœurs!

Hume-Mabrize prépara, avec son soin ordinaire, un bon liquide émollient, sédatif et mucilagineux, l'introduisit bouillant dans le cylindre d'étain que vous savez, et voilà mon Athanase parti pour accomplir sa mission.