À peine au sortir de l'enfance, et même un peu avant, il avait mis en pratique ses théories sur la méprisabilité du travail.

Sa devise favorite était: On n'est pas des bœufs. Son programme: Rien faire et laisser dire.

La manifestation de ces farouches révolutionnaires qui réclamaient huit heures de travail par jour lui arracha de doux sourires, et il félicita de tout son cœur les gardiens de la paix (sic) qui assommèrent ces formidables idiots.

Laflemme ne possédait aucune fortune personnelle ou autre. Employé nulle part, il eût été mal venu à réclamer des appointements.

L'horreur instinctive qu'il avait de la magistrature en général et de
Mazas en particulier le maintint dans le chemin d'une vertu relative.

Il lui arriva souvent d'emprunter des sommes qu'il négligea de rendre, mais toujours à des gens riches que ces transactions ne pouvaient gêner (une certaine sensibilité native lui tenant lieu de conscience).

Entre-temps, il exécutait des besognes pitoyablement rémunératrices, mais coûtant si peu d'efforts, comme, par exemple, des romans pour le compte de M. Richebourg.

Un de ceux qu'il écrivit, dans ces conditions, est resté gravé au plus creux de tous les cœurs vraiment concierges. Il s'appelait, si mes souvenirs sont exacts:

La Belle Cul-de-Jatte ou la Fille du Fou mort-né.

Tout l'argent que lui rapporta cette œuvre sensationnelle passa, d'ailleurs, à l'entretien d'une charmante jeune femme de Clignancourt, qu'il possédait pour maîtresse, et à qui sa taille exiguë avait valu le sobriquet de la môme Zéro-Virgule-Cinq.