Ce succès encouragea les jeunes gens, dont la seule occupation désormais fut de pétrir des petits cochons, à n'importe quelle heure de la journée, à table, au café, et surtout au bureau. Les services publics en souffrirent cruellement, et des contribuables se plaignirent au gouvernement où firent passer des notes dans La Lanterne et Le Petit Parisien.
Des changements, des disgrâces, des révocations émaillèrent L'Officiel.
Peine perdue! La delphacomanie ne lâche pas si aisément sa proie.
Le pis de la situation, c'est que le mal s'était répandu en ville. De jeunes commis de boutiques, des négociants, M. Fourquemin lui-même, le patron du Café du Marché, furent atteints par l'épidémie. Tout Andouilly pétrissait des cochons dont le poids moyen était arrivé à ne pas dépasser un milligramme.
Le commerce chôma, périclita l'industrie, stagna l'administration!
Sans l'énergie du préfet, c'en était fait d'Andouilly.
Mais le préfet, qui se trouvait alors être M. Rivaud, actuellement préfet du Rhône, prit des mesures frisant la sauvagerie.
Andouilly est sauvé, mais combien faudra-t-il de temps pour que cette petite cité, jadis si florissante, retrouve sa situation prospère et sa riante quiétude?
CRUELLE ÉNIGME
Chaque soir, quand j'ai manqué le dernier train pour Maisons-Laffitte (et Dieu sait si cette aventure m'arrive plus souvent qu'à mon tour), je vais dormir en un pied-à-terre que j'ai à Paris.