C'est un logis humble, paisible, honnête, comme le logis du petit garçon auquel Napoléon III, alors simple président de la République, avait logé trois balles dans la tête pour monter sur le trône.

Seulement, il n'y a pas de rameau bénit sur un portrait, et pas de vieille grand-mère qui pleure.

Heureusement!

Mon pied-à-terre, j'aime mieux vous le dire tout de suite, est une simple chambre portant le numéro 80 et sise en l'hôtel des Trois Hémisphères, rue des Victimes.

Très propre et parfaitement tenu, cet établissement se recommande aux personnes seules, aux familles de passage à Paris, ou à celles qui, y résidant, sont dénuées de meubles.

Sous un aspect grognon et rébarbatif, le patron, M. Stéphany, cache un cœur d'or. La patronne est la plus accorte hôtelière du royaume et la plus joyeuse.

Et puis, il y a souvent, dans le bureau, une dame qui s'appelle Marie et qui est très gentille. (Elle a été un peu souffrante ces jours-ci, mais elle va tout à fait mieux maintenant, je vous remercie.)

L'hôtel des Trois Hémisphères a cela de bon qu'il est international, cosmopolite et même polyglotte.

C'est depuis que j'y habite que je commence à croire à la géographie, car jusqu'à présent—dois-je l'avouer?—la géographie m'avait paru de la belle blague.

En cette hostellerie, les nations les plus chimériques semblent prendre à tâche de se donner rendez-vous.