Cette histoire se passait au moment de l'Exposition universelle de 1889.
LE CRIMINEL PRÉCAUTIONNEUX
Avec un instrument (de fabrication américaine) assez semblable à celui dont on se sert pour ouvrir les boîtes de conserve, le malfaiteur fit, dans la tôle de la devanture, deux incisions, l'une verticale, l'autre horizontale et partant du même point.
D'une main vigoureuse, il amena à lui le triangle de métal ainsi déterminé, le tordant aussi facilement qu'il eût fait d'une feuille de papier d'étain. (C'était un robuste malfaiteur.)
Il pénétra dans le petit vestibule rectangulaire qui précède la porte d'entrée.
Maintenant la glace avec une ventouse en caoutchouc (de fabrication américaine), il la coupa à l'aide d'un diamant du Cap.
Rien ne s'opposait plus à son entrée dans le magasin. Alors, tranquillement, méthodiquement, il entassa dans un sac ad hoc toutes les pierres précieuses et les parures qui réunissaient au mérite du petit volume l'avantage du grand prix.
Il était presque à la fin de sa besogne, quand, au fond de la boutique, le patron, M. Josse, fit son apparition, une bougie d'une main, un revolver de l'autre.
Très poli, le malfaiteur salua et, avec affabilité:
—Je n'ai pas voulu, dit-il, passer si près de chez vous sans vous dire un petit bonjour.