—Tel est le plus cher de mes vœux. De quoi s'agit-il?
—Tout simplement de me rentrer au lycée Saint-Louis. Devant le censeur, vous me ferez vos adieux comme si vous étiez mon oncle.
Les voilà partis, Sapeck et le potache; Sapeck grave, le potache enchanté.
Dans le parloir, devant le censeur qui préside à la rentrée des élèves, Sapeck redouble de gravité:
—Bonsoir, mon neveu.
—Bonsoir, mon oncle.
—Travaille bien, mon neveu, et ne sois pas collé dimanche. Que ta devise soit celle de Tacite: Laboremus et bene nos conduisemus, car, comme l'a très bien fait observer Lucrèce dans un vers immortel: Sine labore et bona conducta ad nihil advenimus. Et surtout sois poli et convenable avec tes maîtres: Maxima pionibus debetur reverentia.
Le pauvre potache, pendant ce discours, semblait un peu gêné de la latinité cuisinière de son oncle improvisé. Il risqua un: Bonsoir, mon oncle! timide.
Mais Sapeck ne l'entendait pas ainsi. Il venait d'apercevoir, luisant sur le gilet du lycéen, une superbe chaîne d'or.
—Comment! s'écria-t-il, petit malheureux, tu emportes ta montre au collège? Ne sais-tu donc pas qu'à Rome, à la porte de chaque école, se trouvait un fonctionnaire chargé de fouiller les petits élèves et de leur enlever les sabliers et les clepsydres qu'ils dissimulaient sous leur toge? On appelait cet homme le scholarius detrussator, et Salluste avait dit à cette époque: Chronometrum juvenibus discipulis procurat distractiones.