—Mais, mon oncle....

—Remets-moi ta montre.

Le censeur intervint:

—Remettez donc votre montre à monsieur votre oncle. D'ailleurs, vous n'en avez nul besoin au lycée.

Le potache commençait à éprouver de sérieuses inquiétudes pour son horlogerie, quand le bon Sapeck, dont le cœur est d'or, conclut avec une infinie mansuétude:

—Allons, mon enfant, garde ta montre, et qu'elle soit pour moi le symbole du temps qui passe et ne saurait se rattraper: Fugit irreparabile tempus.

Cette histoire de mon ami Sapeck m'est revenue au souvenir, ces jours-ci, à l'épilogue d'une aventure qui m'arriva l'année dernière, et dont le début présente quelque analogie avec la première.

Moi aussi, je fus accosté par un potache. C'était un dimanche après-midi, à la fête de Neuilly.

Comme à Sapeck, mon potache me demanda, le képi à la main:

—Pardon, monsieur, vous plairait-il de me rendre un petit service?