—Un misérable, le père Fabrice, a osé écrire sur son pré que j'étais cocu!
—Comment cela?... Sur son pré?
—Parfaitement, avec des fleurs jaunes!
Heureusement que le maire était depuis longtemps au courant de l'excellente plaisanterie du père Fabrice, car il n'aurait rien compris aux explications du baron.
Tous deux se rendirent chez le diffamateur qui les accueillit avec une bonne grâce étonnée:
—Moi, monsieur le baron! Moi, j'aurais osé écrire que monsieur le baron est cocu! Ah! monsieur le baron me fait bien de la peine de me croire capable d'une pareille chose!
—Allons sur les lieux, dit le maire.
Sur ces lieux, on pu voir de l'herbe verte et des fleurs jaunes arrangées d'une certaine façon, mais il était impossible, malgré la meilleure volonté du monde, de tirer un sens quelconque de cette disposition. On était trop près.
(Ce phénomène est analogue à celui qui fait que certaines mouches se promènent, des existences entières, sur des in-quarto sans comprendre un traître mot aux textes les plus simples).
—Monsieur le baron sait bien, continua le père Fabrice, que les fleurs sauvages, ça pousse un peu où ça veut. S'il fallait être responsable!...