[Un cliché d'arrière-saison]

Un typo de mon journal vient de m'annoncer que le cliché On rentre.... On est rentré n'est pas si éculé qu'on aurait pu croire et qu'il peut servir encore une fois ou deux.

Dieu sait pourtant si on en a abusé de ce Paris qui rentre, qui n'arrête pas de rentrer!

Ça commence aux premiers jours de septembre et ça ne finit jamais.

Quand j'étais un tout petit garçon (oh! le joli petit garçon que je faisais, gentil, aimable, et combien rosse au fond!) et que je lisais les mondanités dans les grands organes, je me figurais le *Paris qui rentre* d'une drôle de façon!

Des malles à loger des familles entières, des boîtes à chapeaux beaucoup plus incomptables que les galets du littoral, des chefs de gare perdant la tête, et surtout—oh! surtout—de belles jeunes femmes un peu lasses du trajet, mais si charmantes, une fois reposées, demain.

Rien de vrai, dans tout cela.

Le train qui arrive aujourd'hui à 6 h 20 ressemble étonnamment au train qui est arrivé, voilà trois mois, à 7 h 15, et on le prendrait volontiers pour le train qui arrivera dans six mois à midi moins le quart.

Quant aux gens qui se trouvaient à Trouville cet été, ou dans leurs terres cet automne, ils étaient remplacés à Paris par d'autres gens qui se trouveront à Nice cet hiver, ou au tonnerre de Dieu ce printemps prochain.

C'est surtout à Paris qu'il n'y a personne d'indispensable.