Les deux aînés abandonnent leur trompette et se collent dans un coin, bien sages.
Tout ce monde s'endort, sauf moi, émerveillé de ce rapide apaisement.
L'apaisement dura jusqu'à l'approche de la prochaine station.
À ce moment, nouveau changement à vue et reprise des hostilités.
La pipe, la maman dépoitraillée, le tout-petit qui gueule, les gosses qui soufflent dans leurs trompettes.
Et puis le train repart. Paix, silence, sommeil.
Il en fut ainsi à chaque station jusqu'à Bruxelles, où je me rendais, en compagnie fortuite de ces gens.
Je vous prie de croire que pas un voyageur n'eut l'idée d'envahir notre compartiment.
Et je pensai que—peut-être bien—le monsieur à la pipe s'était marié et avait créé des enfants dans l'unique but d'éloigner de son wagon, quand il voyagerait, les intrus.