Et l'idée m'est venue d'utiliser la science moderne pour faire la guerre dans des conditions plus économiques.
Pourquoi employer la poudre sans fumée, qui coûte un prix fou, quand on a le microbe pour rien?
Intelligent comme je vous sais, vous avez déjà compris.
On licencierait l'armée, on ferait des casinos dans les casernes, on vendrait les canons à la ferraille. On liquiderait, quoi!
Au lieu de tout cet attirail coûteux et tumultueux, on installerait discrètement de petits laboratoires où l'on cultiverait les microbes les plus virulents, les plus pathogènes, dans des milieux appropriés.
À nous les bacilles virgule, à nous les microbes point d'exclamation, sans oublier les spirilles de la fièvre récurrente!
Et allez donc!... Le jour où l'Allemagne nous embêtera, au lieu de lui déclarer la guerre, on lui déclarera le choléra, ou la variole, ou toutes ces maladies à la fois.
Le ministère de la guerre sera remplacé, bien entendu, par le ministère des maladies infectieuses.
Comme ce sera simple! Des gens sûrs se répandront sur tous les points de la nation abhorrée et distribueront, aux meilleurs endroits, le contenu de leurs tubes.
Ce procédé, mon cher Paul, a l'avantage de s'adresser à toutes les classes de la société, à tous les âges, à tous les sexes.