»Songez donc: il faut que l'artiste vous donne, avec cette chose plate qu'est un tableau, l'illusion, d'objets plus ou moins près, plus ou moins loin.
»L'illusion du lointain se donne grâce à la perspective.
»Vous n'êtes pas sans avoir remarqué qu'un objet paraît plus petit s'il est loin, que s'il est près; et plus il est loin, plus il est petit. Cette illusion d'optique est due à ce qu'on appelle la perspective.
»Quand vous vous placez à l'entrée d'une rue droite et longue, pour peu que vous soyez observateur, vous remarquerez que les lignes, parallèles dans la réalité, semblent se rejoindre au bout de la rue. Eh bien! c'est encore de la perspective.
»La perspective est une science très délicate qu'il n'est pas permis à un peintre d'ignorer, alors que le sculpteur n'a même pas à s'en préoccuper.
»Quand un peintre a un tableau à faire, paysage, portrait, scène historique ou mythologique, etc., etc., il commence par se procurer une toile ad hoc, c'est-à-dire une toile tendue très fortement sur un châssis en bois.
»Avant de placer les couleurs sur la toile, il détermine la place qu'elles devront occuper, grâce à des contours qu'il marque avec du fusain (lequel n'est autre qu'un petit morceau de bois carbonisé).
»C'est cette opération qu'on appelle le dessin.
»Quand le sujet est dessiné, il ne reste plus qu'à le peindre.
»Le peintre prend alors sa palette et ses pinceaux. (Ces messieurs ne disent pas des pinceaux, ils disent des brosses: je n'ai jamais su pourquoi. Fantaisie d'artiste, sans doute.)