Malheureusement (émotion bien légitime, manque d'entraînement technique, maladresse personnelle? on ne sait), l'empereur posa tout de travers cet important moellon.
Par révérence, personne n'osa rectifier l'auguste ouvrage, et les travaux commencèrent sur ce fâcheux début.
Ce fut une lourde faute, car aujourd'hui tout est à refaire, et voilà quelques millions de francs à la rivière, c'est le cas de le dire.
Mais aussi quelle fichue idée de confier à un empereur, excellent politique (nous n'en doutons pas), mais fort peu au courant du génie civil, une tâche aussi délicate!
Si encore, au lieu de la première pierre, on l'avait prié de poser la première ferme en bois, peut-être,—si l'atavisme n'est pas un vain mot,—s'en serait-il mieux tiré, ce brave Nicolas, en digne neveu de l'impérial charpentier Pierre le Grand?
Mais on ne pense pas à tout.
Qu'au moins cette leçon nous serve d'exemple, et, puisqu'il est question de reconstruire l'édifice social, confions cette entreprise, depuis a jusqu'à z, à des gens du métier, et non pas à certains monarques, lesquels, d'ailleurs, n'apporteraient à cette tâche qu'un entrain bien pâlot, je pense.
«… L'exemple du pont Alexandre III est loin d'être un cas isolé. Croiriez-vous, entre autres, cher monsieur, que, contrairement à l'opinion publique qui s'accorde à croire la Tour Eiffel toute en fer, ce monument est composé, au moins pour les trois quarts, de lattes en simple sapin?
» C'est incroyable, mais c'est ainsi!
» Comment le fait a-t-il pu se produire? je l'ignore.