La guerre éclate, les hommes rallient leur dépôt: cinq minutes après, voilà tout mon monde habillé, équipé, armé, prêt à marcher. Vive la France!

Je vois sur vos lèvres s'épanouir la fleur de l'objection grincheuse:

—Oui, me dites-vous, cela est fort joli; mais le temps gagné à ce rapide équipement ne sera-t-il pas compensé par celui perdu à courir après des régiments forcément éparpillés?

Si le soldat dunkerquois jouit d'une pointure qui le désigne pour la garnison de Biarritz, par exemple? le trajet ne le rapprochera pas sensiblement de la frontière, dites-vous.

Cela est prévu, bonnes gens, et des dépôts seront organisés, pour le cas de mobilisation tout le long d'une frontière que je crois inutile de désigner plus clairement.

Tout est prévu, d'ailleurs, même le cas où le réserviste grandit, grossit, maigrit, etc., etc.

Chaque année, une revue anthropométrique aura lieu dans les chefs-lieux de canton, et, selon les modifications survenues dans la pointure de l'homme, ce dernier sera affecté dans un régiment adéquat.

Avais-je point raison de dire, en commençant, que nous allions assister à une des plus importantes réformes militaires que nous ayons vues depuis la suppression du service de sept ans?

Ne quittons pas le ministère de la guerre sans signaler le bruit qui court de la suppression du sabre pour les officiers d'infanterie.

Cet ustensile serait remplacé par une forte canne à épée, beaucoup moins encombrante que le sabre et rendant, pendant la marche, de réels services.