À quoi tient ce frigide état de choses?

Tout le monde vous le dira: à leur éloignement de l'équateur.

Si les pôles étaient près de l'équateur, on n'y verrait plus d'icebergs, et les ours blancs se transformeraient en lamas.

Or, voulez-vous avoir l'obligeance de me dire ce que c'est que l'équateur?

C'est une ligne fictive (n'oubliez pas ce détail), fictive et périmétrique d'un grand cercle perpendiculaire à l'axe des pôles.

Qui nous empêcherait—je vous le demande un peu,—qui nous empêcherait de la déplacer, cette ligne, puisqu'elle est fictive?

Car s'il y a quelque chose de facile à déplacer au monde, c'est bien une ligne fictive, nom d'un chien!

On la ferait alors passer par les pôles qui dégèleraient bientôt et offriraient plus de confortable aux navigateurs.

Voilà un projet pratique, simple, peu coûteux; mais les régions équatoriales consentiront-elles?

Au nom de l'humanité, on saura les y contraindre à coups de canon.