[Note 4: Cette histoire fut, bien entendu, écrite avant le trépas du regretté M. Félix Faure.]

—Oui, monsieur, si le Président de la République savait ce que j'ai été malheureux grâce à lui, il n'hésiterait pas à me décorer.

—Grâce à lui?

—C'est une façon de parler; je ne lui en veux pas, d'ailleurs, car, à vraiment dire, Félix Faure n'a jamais rien fait contre moi; mais si notre Président n'avait jamais existé ou si, seulement, il n'était pas parvenu aux honneurs, moi, je serais le plus heureux des hommes.

—Daignez vous expliquer.

—Oh! mon Dieu, c'est bien simple: Je suis marié à une charmante femme que j'aime beaucoup et qui me le rend bien. Malheureusement, mon épouse a une mère…

—Et cette mère est votre belle-mère?

—On ne peut rien vous cacher à vous!…….

Ce détail n'aurait, à la rigueur, que peu d'importance; mais voici le terrible de la chose: jadis, alors qu'elle n'était qu'une simple jeune fille comme vous et moi, ma belle-mère fut demandée en mariage, par un jeune homme qui s'en trouvait, paraît-il, éperdument amoureux et qui ne lui était pas du tout indifférent. Les parents de ma belle-mère, jugeant la situation du jeune homme pas en rapport avec la fortune de leur demoiselle, s'opposèrent au mariage.

—Jusqu'à présent, je ne vois pas bien…