A l'occasion de Noël, il se fait une grande consommation de gâteaux qui, suivant les pays, portent différents noms.

Dans les Vosges, on réveillonne surtout avec du vin, de l'eau-de-vie et des coigneux, gâteaux à forme particulière, fabriqués exprès pour la fête de Noël. Il est d'usage que les parrains et marraines donnent à leurs filleuls un coigneux à Noël. C'est un acompte sur les étrennes.

«Le nom français de cette pâtisserie, dit X. Thiriat, n'existe pas dans le dictionnaire de l'Académie: il varie suivant les pays. A Saint-Amé, on dit queugna; à Dommartin, queugno; à Gérardmer, coïeue; à Rambervillers, cogneu[95]

Note 95:[ (retour) ] La vallée de Cleurie, p. 329.—Coigneux et ses variantes viennent peut-être de l'allemand Kuchen, gâteau.

Les Lorrains ont l'habitude de s'entredonner, à l'époque de Noël, des cognés ou cogneux, espèces de pâtisseries dont les unes figurent deux croissants adossés et dont les autres, plus longues que larges, se terminent également, à leurs extrémités, par deux croissants.

Dans les Flandres, on donne aux enfants, le jour de Noël, des kéniolles ou coignolles ou quégnolles, gâteaux de forme oblongue, au creux desquels un Enfant-Jésus en sucre est mollement couché, piquant une note rose au sein de la pâte dorée.

Dans le département du Nord, ces mêmes gâteaux sont connus sous le nom de coquilles. Dans certaines villes, les boulangers et les pâtissiers en offrent à leurs clients, à titre d'étrennes, immédiatement après la Messe de minuit[96].

Note 96:[ (retour) ] M. D..., boulanger à W... (Nord), nous a envoyé, pour la Noël 1906, une succulente coquille que nous avons admirée et appréciée: c'était en souvenir d'un voyage resté mémorable.

Dans le pays chartrain et en Beauce, on servait au réveillon des cochelins, petites galettes feuilletées ovales ou losangées, qui étaient saupoudrés de grains en sucre rose et blanc; ils servaient aussi d'étrennes.

En Normandie, les indigents se pressent, à l'heure du réveillon, à la porte des fermes, en demandant des aguignettes (étrennes) et chantent en choeur ce vieux couplet: