Le même usage existe en Bretagne. Au retour de la Messe de minuit, on donne à tous les animaux une botte du meilleur foin qui se trouve à l'étable. Les paysans bretons (de Bignan, au diocèse de Vannes) pensent qu'il est convenable que les animaux eux-mêmes participent à la joie universelle, la nuit de Noël, en mémoire de la place que Dieu leur assigna, d'après la tradition, dans l'étable de Bethléem, au moment de la Nativité.

En Touraine, dans plusieurs villages, la Messe de minuit terminée, chacun regagne sa demeure. Mais avant d'aller prendre sa part au gai repas du réveillon, le maître de la maison passe d'abord à l'étable. En souvenir des deux animaux qui, de leur tiède haleine, ont réchauffé les membres tremblants du Sauveur-Enfant, il donne à chacun de ses animaux domestiques une double ration. C'est leur réveillon à eux [105].

Note 105:[ (retour) ] M. l'abbé B... du diocèse de Tours.

Le poète qui a si bien chanté le réveillon des oiseaux devait aussi chanter le réveillon des animaux; il l'a fait sous ce titre gracieux:

LA GERBE DE NOËL

Dans les nombreux pays où la sainte croyance

Vit encor dans le coeur du campagnard heureux,

—A l'heure où de Jésus l'on chante la naissance,

On observe un usage aussi bon que pieux.

La venue ici-bas de cet Enfant aimable