Les Chartrains se rappellent encore cet épouvantable incendie qui, le jour de Noël, détruisit le château du prince Napoléon, à Gourdez. Un sapin immense était dressé dans les magnifiques salons. Pour célébrer leur «Weihnachten», les Allemands suspendirent à ses branches toutes sortes de victuailles; le tout était éclairé a giorno par de nombreuses bougies. L'on festoya, l'on dansa autour de l'arbre de Noël. Le feu ne tarda pas à se déclarer; bientôt le château n'était qu'un brasier, et malheur aux paroissiens de Morancez qui essayèrent de conjurer l'incendie [118]!
Note 118:[ (retour) ] L'abbé G..., du diocèse de Chartres.
Nous avons donné dans notre premier opuscule une longue description de l'arbre de Noël allemand [119], nous nous contenterons de citer l'arbre de Noël des petits forains et l'arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains à Paris.
Note 119:[ (retour) ] Noël dans les pays étrangers, p. 39-49.
L'arbre de Noël des petits forains, à Paris
Le 24 décembre, une vaste salle avait été mise gracieusement à la disposition de l'École foraine; la réunion fut très belle. Un public nombreux voulut prendre part à la joie des pupilles de Mlle Bonnefois.
M. Gaston Lacoin, avocat à la Cour d'appel, dans un à-propos très brillant sur l'École foraine et sa fondatrice, fit savoir qu'elle n'avait pas été oubliée par le bonhomme Noël, puisque le Conseil général, sur la proposition de M. Duval-Arnoult, lui allouait une subvention de 500 francs.
Cette heureuse nouvelle fut accueillie avec joie.
Mmes L. Vaillant et J. Jucquot ont ouvert le concert par un charmant morceau à quatre mains. Mme Raucet-Banès a charmé l'auditoire par son talent de fine diseuse. Mme Benoiste a brillamment exécuté une Étude de Liszt et accompagné tous les artistes avec un réel talent. Deux jeunes élèves de Mlle Caroline Brun ont fait entendre de ravissantes mélodies avec des voix bien posées, une diction parfaite et un style impeccable.
La distribution des présents de toutes sortes suspendus à un splendide arbre du Noël eut ensuite lieu au milieu de la joie générale; tous les petits forains paraissaient être au comble du bonheur.