Mlle Bonnefois peut être heureuse et Mlle Giraud fière de ses petits élèves. Puissent-elles longtemps encore assister à cette fête de famille!
L'arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains, à Paris
Il n'est pas un journal, en France et surtout en Alsace-Lorraine, qui n'ait raconté, au moins une fois, cette cérémonie si particulièrement touchante et patriotique.
Tout le monde connaît l'Association des Alsaciens-Lorrains, à Paris. Cette oeuvre a distribué, depuis son origine, des millions de secours et procuré du travail et des moyens d'existence à des milliers de familles émigrées.
Comme l'arbre de Noël est en grand honneur dans toutes les familles alsaciennes, on pensa, dès l'année qui suivit la guerre de 1870, à une fête qui rappelât aux petits émigrés les joies du foyer natal.
Jules Claretie a raconté l'origine de cette fête, dans une salle de café-concert, à l'Alcazar, où les petits Alsaciens étaient accourus. On en attendait quelques centaines; il en était venu plus d'un millier.
«Les fillettes et les gamins, dit Jules Claretie montaient, tout émus, les marches de l'estrade. Même après avoir pillé les épiciers du voisinage, on n'allait bientôt plus avoir rien à leur donner. Il fallut briser par fragments les tablettes de chocolat, pour que les derniers emportassent quelque chose. C'est Gambetta qui les cassait en deux, ces tablettes de chocolat, et les passait à Mme Floquet qui les distribuait à ces petites mains tendues.»
Cette fête de famille, très modeste à l'origine, reçut dans la suite un développement considérable; entourée de la sympathie universelle, elle devint une manifestation charitable vraiment grandiose.
Qu'on en juge par le récit que nous en fait un journal de la capitale [120]:
Note 120:[ (retour) ] Le Monde illustré, 26 déc. 1881.