Malgré la nuit plus courte, avec quel empressement le père et la mère sont debout, dès le jour naissant, pour guetter le réveil de leur fils, pour être les heureux témoins de sa surprise, de sa joie exubérante, quand il aperçoit les jouets, friandises et cadeaux de toutes sortes, que lui envoie le petit Jésus par son fidèle messager le bonhomme Noël[123].
Note 123:[ (retour) ] Lectures pour tous, déc. 1903. Extrait d'un article de François Veuillot.
Quelquefois, quand les enfants n'ont pas été sages, quand ils ont été espiègles, menteurs, gourmands, désobéissants ou colères, le petit Jésus n'envoie, en souvenir... qu'une poignée de verges.
Qui de nous n'a été la naïve et heureuse victime de cette supercherie toute imprégnée d'affection maternelle? Une petite fille disait à sa maman: «Je ne sais pas pourquoi ma petite soeur Luce trouve toujours dans son soulier de Noël précisément ce qu'elle désire?»
—«Ah! ma chère Lise, c'est qu'elle est toujours plus sage que toi!»
«Oh! que papa et maman vont être surpris et contents, disait un charmant bébé, quand ils verront tout ce que le petit Jésus m'a apporté!»
Aussi, quand à notre raison plus complètement éveillée s'est dévoilé le mystère, quelle amère déception, quel trouble dans nos joies enfantines!
Il n'y a rien de plus gracieux que cette fiction du soulier de Noël, utilisée par les mamans pour rendre raisonnables leurs bébés capricieux.
Un critique connu la recommandait, et nous voulons reproduire le tableau plein de fraîcheur que sa plume traçait il y a quelques années.
C'était aux environs de Noël, la scène se passait au bazar de la rue d'Amsterdam; nous citons les paroles de l'éminent écrivain[124]: