Note 19:[ (retour) ] Sorcières et loups-garous dans les Landes, p. 39.

Voici comment Laisuel de Lasalle a gracieusement brodé cette légende: la scène se passe en Berry [20].

Note 20:[ (retour) ] Croyances et légendes, tom. I, p. 17.

«On assure qu'au moment où le prêtre élève l'hostie pendant la Messe de minuit, toutes les aumailles (bêtes à cornes) de la paroisse s'agenouillent et prient devant la Crèche. On assure encore qu'après cette oraison toute mentale, s'il existe dans une étable deux boeufs qui sont frères, il leur arrive infailliblement de prendre la parole.

«On raconte qu'un boiron[21] qui, dans ce moment solennel, se trouvait couché près de ses boeufs, entendit le dialogue suivant:

«—Que ferons-nous demain? demanda tout à coup le plus jeune du troupeau.

Note 21:[ (retour) ] On appelle boiron le jeune garçon qui touche ou aiguillonne les boeufs pendant le labourage.—On dit aussi boyer pour bouvier—en italien, boaro.

«—Nous porterons notre maître en terre, répondit d'une voix lugubre un vieux boeuf à la robe noire, et tu ne ferais pas mal, François, continua l'honnête animal en arrêtant ses grands yeux sur le boiron qui ne dormait pas, tu ne ferais pas mal d'aller l'en prévenir, afin qu'il s'occupe des affaires de son salut.

«Le boiron, moins surpris d'entendre parler ses bêtes qu'effrayé du sens de leurs paroles, quitte l'étable en toute hâte et se rend auprès du chef de la ferme pour lui faire part de la prédiction.

«Celui-ci se trouvait attablé avec trois ou quatre francs garnements de son voisinage et, sous prétexte de faire le réveillon, présidait à une monstrueuse orgie, tandis que la cosse de Nau (bûche de Noël) flamboyait dans l'âtre et que sa femme et ses enfants étaient encore à l'église.