«Le fermier fut frappé de l'air effaré de François à son arrivée dans la salle.

«—Eh bien? Qu'y a-t-il? lui demanda-t-il brusquement.

«—Il y a que les boeufs ont parlé, répondit le boiron consterné.

«—Et qu'ont-ils chanté? reprit le maître.

«—Ils ont chanté qu'ils vous porteraient demain en terre; c'est le vieux Noiraud qui l'a dit, et il m'a même envoyé vous en avertir, afin que vous ayez le temps de vous mettre en état de grâce.

«—Le vieux Noiraud en a menti, et je vais lui donner une correction, s'écria le fermier, le visage empourpré par le vin et la colère.

«Et, sautant sur une fourche de fer, il s'élance hors de la maison et se dirige vers les étables. Mais il est à peine arrivé au milieu de la cour qu'on le voit chanceler, étendre les bras et tomber à la renverse.

«Était-ce l'effet de l'ivresse, de la colère ou de la frayeur?

«Nul ne le sait.

«Toujours est-il que ses amis, accourus pour le secourir, ne relevèrent qu'un cadavre et que la prédiction du vieux Noiraud se trouva accomplie.