Note 56:[ (retour) ] Joann., VIII, 12.
Note 57:[ (retour) ] Luc, II, 32.
Au pays d'Armagnac, au commencement de la Messe de minuit, on bénit le pain de Noël. Chaque famille offre le sien. Au retour, on en coupe un morceau qui est religieusement gardé pour la Noël prochaine. Le reste est mangé de suite pour commencer le réveillon.
Dans le Condomois, tous les boulangers offrent en cadeau à leurs clients le gâteau de Noël. C'est un pain spécial pétri avec des oeufs et de l'anis et d'un goût excellent.
Les grandes familles reçoivent plusieurs de ces gâteaux de leurs boulangers. Elles envoient le plus beau à l'église pour être distribué aux fidèles à la Messe de minuit: ces pains sont donnés à l'assistance en grande quantité.
Il est d'usage, dans un grand nombre, de villages des Pyrénées, de faire bénir, à la Messe de minuit, des petits pains que l'on garde pendant toute l'année et qu'on donne aux bestiaux quand ils sont malades, principalement aux brebis.
Dans le Rouergue (Aveyron), après l'élévation de la Messe de minuit, on entonne le Nodolet (chant de Noël), cantique particulier, embryon de drame liturgique. Le choeur des jeunes filles, de ses voix les plus douces—pour imiter les anges—s'exprime en français, annonçant le Mystère de ce jour, et toute l'assistance, en choeur, répond, en patois, demandant des explications et exprimant son étonnement de la naissance d'un Dieu pauvre.
Identique pour le fond, le «Nodolet» varie beaucoup dans la forme, suivant les diverses paroisses.
Ce chant dialogué se rencontre aussi en Provence et en Normandie.
En Provence, quatre jeunes gens, dont trois représentent des pasteurs et le quatrième un ange, s'avancent à l'entrée de l'église, avant la Messe de minuit: ils conduisent un agneau orné de rubans. Ils chantent sur deux airs différents un dialogue, l'ange en français et les bergers en provençal. L'ange invite les bergers à se livrer à l'allégresse et à venir à Bethléem adorer le Messie. Un des bergers, surpris des paroles auxquelles il ne comprend rien, appelle son camarade Jean, qui entend le français, et il le prie de lui interpréter les paroles de cet inconnu.