Ils sont fournis par les Pères Trappistes des Trois-Fontaines. Après la cérémonie dont nous venons de parler, ils sont remis à deux chanoines de Saint-Jean-de-Latran, qui les offrent au Pape. Le Pape les bénit de nouveau et les confie aux Religieuses du monastère de Sainte-Cécile, au Transtévère, qui en prennent le plus grand soin.

Leur toison est coupée au mois d'avril et sert à confectionner les Palliums, manteaux d'honneur qui, après avoir été déposés sur le tombeau de saint Pierre, au Vatican, sont envoyés par le Pape aux archevêques comme symbole de leur union avec le Pontife romain.

Messe de minuit en Champagne

A Clinchamp (Haute-Marne), le pain bénit, surmonté d'un dôme de verdure et de fleurs, est offert à la Messe de minuit par une jeune fille vêtue de blanc, comme une première communiante.

Cette jeune fille porte le pain bénit non point sur le bras, comme cela se fait ordinairement, mais sur la tête.

Le petit échafaudage, en forme de coupole, qui surmonte le pain bénit, est orné, au sommet surtout, de petits cierges allumés.

La scène est des plus gracieuses: la jeune fille s'avance gravement, portant d'une main un cierge bien décoré et de l'autre maintenant sur sa tête le pain bénit tout resplendissant de lumières.

Bien que cette cérémonie excite la curiosité de tous les assistants, elle s'accomplit toujours dans le recueillement le plus parfait.

Notre aimable confrère qui nous transmet ces ravissants détails nous en expose le symbolisme frappant. Le pain bénit convient bien au Mystère de Bethléem, la maison du pain [55], et les cierges allumés représentent la céleste lumière qui environna les bergers quand l'Ange leur annonça la joyeuse naissance de Celui qui est la «lumière du monde». Ego sum lux mundi[56], lumen ad revelationem gentium [57].

Note 55:[ (retour) ] Hom. Saint Greg., 7e lec., Mat. de Noël.