Il existe, en Provence, un usage rappelant la coutume suédoise qui associe les oiseaux à la solennité de Noël[63].
Note 63:[ (retour) ] Noël dans les pays étrangers, le réveillon des petits oiseaux, p. 14. 1°.
A Entraigues (Vaucluse), la veille de Noël, les jeunes gens se mettaient à poursuivre les roitelets que les Comtadins appellent Petouses (petoua). Lorsqu'ils étaient parvenus à en prendre un vivant, ils en faisaient hommage au curé de la paroisse. «Celui-ci, d'après le récit de Barjavel, dans son livre curieux sur les Dictons et Sobriquets patois de Vaucluse, après la Messe de minuit, montait en chaire tenant l'oiseau enrubanné de couleur rose et le lâchait dans l'église en présence d'une nombreuse réunion. Le choix que l'on faisait, en cette circonstance, d'un des oiseaux les plus petits avait peut-être pour but de reporter l'esprit des fidèles vers le petit Enfant de Bethléem, et la liberté accordée solennellement par le pasteur au passereau était vraisemblablement la représentation naïve de l'affranchissement de l'âme humaine, délivrée par la venue du Messie des chaînes du ravisseur infernal.
Une coutume pareille se pratiquait aussi à Mirabeau, de temps immémorial. Les jeunes gens apportaient un roitelet vivant à la grand'messe au son du tambourin; ils recevaient la somme de trois francs que leur remettait le curé.
A Mazan et dans quelques pays voisins, un grand nombre de personnes apportaient, à la Messe de minuit, des oiseaux de diverses espèces, qu'on lâchait au moment de l'élévation et dont le gazouillement joyeux venait ajouter un charme de plus à l'éclat de la fête.
Ce devait être un spectacle gracieux que ces multitudes de petits oiseaux retrouvant dans la Crèche, qu'entouraient de nombreux et verts branchages, une image imparfaite de leur retraite habituelle. L'éclat d'une vive lumière, rappelant le soleil, ajoutait l'illusion, et le chant des oiseaux semblait se mêler aux voix célestes des anges, pour annoncera l'humanité tout entière l'auguste et consolant Mystère de Noël[64].
Note 64:[ (retour) ] Le Clocher provençal, 25 déc. 1905.
Cet usage rappelle le lâcher d'oiseaux qui avait lieu dans la cathédrale de Rouen le jour de la Pentecôte. Voici ce que raconte le vieux chroniqueur normand: «Pendant le Veni Creator..., du haut des voûtes, les domestiques du trésorier de la cathédrale jetaient en bas, sur une foule de personnes qui s'y trouvaient, quantité de feuilles d'arbres, des étoupes ardentes et des oiseaux jusqu'à l'Evangile[65].»
Note 65:[ (retour) ] Farin, Histoire de Rouen, tome Ier, 3e partie, au chap. des Processions générales.
On sait que la symbolique chrétienne a souvent représenté le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe mystique, descendant d'une nuée lumineuse.