L'agneau bêle de temps à autre. Tout le monde est debout: on veut voir la brebis, la charrette toute illuminée dans laquelle on aperçoit des pigeons, des poulets, de petits oiseaux, un lapin blotti au coin du véhicule. L'enthousiasme est à son comble; des larmes coulent dans les yeux de beaucoup de fidèles. C'est bien la scène de Bethléem, ce sont bien les bergers qui arrivent à la Crèche pour adorer l'Enfant divin, anéanti sous la forme humaine; on voudrait être du cortège qui arrive à l'autel.
Le célébrant, qui a déjà baisé le divin Enfant, est là, entouré du diacre, du sous-diacre et des enfants de choeur. Il tient dans ses mains le petit Jésus qu'il fait baiser d'abord au suisse, qui a levé son chapeau, puis à tous les bailes et à ceux qui se sont joints à eux, ensuite à la musique champêtre et aux bergers qui conduisent les brebis. Tous font le tour de l'autel, suivant le char traîné par les brebis, et de là retournent à la Crèche où le diacre va déposer le Bambino.
Ainsi se termine cette offrande qui sera répétée à la grand'messe du jour et à celle de la Purification, le 2 février.
Une Messe de minuit en Bretagne.
Brizeux, le poète breton par excellence (décédé en 1854), qui ne chante que son pays natal:
«La terre de granit recouverte de chênes»
à décrit, avec la fraîcheur et la sincérité de l'inspiration, une Messe de minuit dans le pays des genêts et des bruyères».
Ouvre! c'est moi, Joseph!—Quoi! si tard en voyage!
N'as-tu pas rencontré les chiens par le village?
Mon Dieu! Seul et si tard dans le creux des chemins!