Note 89:[ (retour) ] L'abbé B., du diocèse d'Auch.
«Si vous voulez quelques notes sur les fêtes de Noël, dans notre beau Béarn, je puis vous en donner. Tout se passait très simplement: les amis se réunissaient, on chantait des Noëls béarnais, en attendant la Messe de minuit. On nous faisait rôtir des marrons et on nous faisait boire de cet excellent vin blanc qu'aimait tant notre bon Henri (Henri IV, le Béarnais); seulement on nous le donnait à très petite dose, car il porte. Puis on nous mettait au dodo, en nous promettant de nous réveiller au moment voulu... Et le lendemain grand désespoir de n'avoir pas été réveillé à temps, mais le tour était joué.
«Et l'on nous menait voir le petit Jésus dans sa Crèche, où nous lui promettions d'être sages. Ceci se passait dans ma petite enfance, il y a trois quarts de siècle[90]».
Note 90:[ (retour) ] Mme la comtesse de X...
Dans les montagnes du Gévaudan (Lozère), on arrive à trois heures du matin de la Messe de minuit. On prend un air de feu et on se met à table. Depuis des siècles, le menu est toujours le même: oreille de porc, riz au lait, saucisse, fromage.
Le tout était jadis arrosé de Vivarais, vrai nectar que les vieux seuls ont connu. Aujourd'hui, c'est le Languedoc qui figure à la table de nos montagnards. Il monte facilement à la tête, mais il ne réjouit pas le coeur[91].
Note 91:[ (retour) ] M. l'abbé R..., du diocèse de Mende.
En Corse, dans les familles pauvres, on mange, au réveillon, la traditionnelle polenta (bouillie de farine de châtaignes ou de maïs), avec des tranches de porc tué exprès la veille.
Dans le pays bizontin, on prend, au retour de la Messe de minuit, un peu de vin chaud, avec une petite tranche de pain, c'est la «mouillotte».
Pour la journée de Noël, on fait actuellement une grande fournée de gâteaux. Autrefois, en montagne, quand on mangeait habituellement le pain d'avoine et d'orge, on préparait, pour Noël, des pains d'orge mélangée d'un peu de froment: chacun avait sa michotte. La mère de famille avait soin d'en faire une de plus pour le premier pauvre qui passait: on l'appelait la «pâ Dé» (la part à Dieu.)