Note 47:[ (retour) ] Voir le Dizionario di Tradizione de Moroni. Spain. Tom. IV, pag. 278-282.
On appelle Befana un mannequin habillé de haillons qu'on promène en Italie, la nuit de l'Épiphanie et qu'on s'amuse à suspendre aux fenêtres le jour même de la fête. Cet usage a presque complètement disparu.
Varchi et Béni représentent la Befana comme une vieille femme aux yeux rouges, aux lèvres épaisses, au visage furibond.
Jacques Grimm[48] dit que la Befana est une fée difforme, noire, laide, qui apporte des présents aux enfants. En Allemagne, ajoute-t-il, Tante Arie joue à peu près le même rôle. Sa légende serait originaire de Franche-Comté; elle assiste aux moissons, préside les fêtes rustiques, récompense les fileuses diligentes, fait tomber les fruits des arbres pour les enfants sages, et à Noël leur donne des noix et des gâteaux. Le titre de tante paraît avoir remplacé celui de fée, car c'est le nom d'une personne généralement bienfaisante.
Note 48:[ (retour) ] Dictionnaire de Mythologie allemande, s. v. Befana.
En Italie, son rôle serait celui du «Bonhomme Noël» ou de «Croquemitaine» si redouté des enfants. S'ils ne sont pas sages, les parents les menacent de tout révéler à la Befana. Celle-ci donne des cadeaux aux enfants obéissants; aux méchants elle n'apporte que de la cendre et du charbon.
Comme les Rois Mages venaient de l'Orient et que l'un d'eux était noir, on raconte aux enfants que la Befana aussi est noire et qu'à cette époque, elle entreprend un grand voyage pour récompenser ou pour punir.
Parmi les cadeaux qu'on lui attribue à Rome, on remarque les pommes de pin dorées qui rappellent l'encens et l'or des Rois Mages.
En Toscane, elle est représentée comme une fée qui pénètre la nuit dans les maisons; elle emplit de bonbons et de joujoux, les souliers placés dans la cheminée. Les mamans et les gouvernantes menacent leurs bambini de la Befana qui n'est, disent-elles, ni tendre, ni généreuse pour les mauvais sujets.
Le cinq Janvier, veille de l'Épiphanie, vers dix heures du soir, la place Xavone, la plus vaste et la plus imposante de Rome après celle de Saint-Pierre, est illuminée à giorno et présente un aspect féerique. Des marchands forains y étalent leurs boutiques ambulantes chargées de friandises, de fruits et de jouets d'une variété infinie. On y installe même des pâtisseries et des cafés pour les parents, les parrains, les maîtres: ils y viennent en foule pour «régaler» leurs enfants, leurs filleuls, leurs élèves.