—Eh bien! mon pauvre Jansoulet, j'espère que Paris vous fait payer cher la bienvenue. En voilà des criailleries, et de la haine, et des colères.

—Ah! M. le duc, si vous saviez…

—Je connais…, j'ai lu…, dit le ministre se rapprochant du feu.

—J'espère bien que Votre Excellence ne croit pas ces infamies…
D'ailleurs j'ai là… J'apporte la preuve.»

De ses fortes pattes velues, tremblantes d'émotion, il fouillait dans les papiers d'un énorme portefeuille en chagrin qu'il tenait sous le bras.

—Laissez… laissez… Je suis au courant de tout cela… Je sais que volontairement ou non on vous confond avec une autre personne, que des considérations de famille…»

Devant l'effarement du Nabab, stupéfait de le voir si bien renseigné, le duc ne put s'empêcher de sourire:

—Un ministre d'État doit tout savoir… Mais soyez tranquille. Vous serez validé quand même. Et une fois validé…

Jansoulet eut un soupir de soulagement:

—Ah! monsieur le duc, que vous me faites du bien en me parlant ainsi. Je commençais à perdre toute confiance… Mes ennemis sont si puissants… Avec ça une mauvaise chance. Comprenez vous que c'est justement Le Merquier qui est chargé de faire le rapport sur mon élection.