Et l'on s'entendit.

Interrogé au sujet du duc de Mons, le roi Négonko déclara que de ce blanc, ni de qui que ce fût de semblable jamais de sa vie il n'avait entendu parler; Pareillement que l'île n'avait jamais été vendue; Pareillement qu'il n'avait jamais eu de traité.

Jamais de traité!… Tartarin, sans s'émouvoir, en fit préparer un, séance tenante.

L'érudit Franquebalme collabora pour beaucoup à la rédaction sévère et minutieuse de ce document. Il y mit toute sa connaissance de la loi, trouva de nombreux «attendu que…» et avec son ciment romain en fit un tout solide et compact.

Le roi Négonko cédait l'île de Port-Tarascon moyennant un baril de rhum, dix livres de tabac, deux parapluies de cotonnade et une douzaine de colliers de chiens.

Un codicille ajouté au traité autorisait Négonko, sa fille et ses compagnons à s'installer sur la côte occidentale de l'île, cette partie où l'on n'allait jamais à cause du _Romain, _le fameux taureau devenu bison, la seule bête dangereuse de la colonie.

Tout cela conclu en conférence secrète et enlevé en quelques heures.

Ainsi, grâce à l'habileté diplomatique de Tartarin, les bons d'hectares se trouvèrent valables, et représentèrent réellement quelque chose, ce qui ne leur était jamais arrivé.

Chapitre III

Il pleut toujours — Invasion de maladies aqueuses — La soupe à l'ail. — Ordre du gouverneur — L'ail va manquer! — L'ail ne manquera pas. — Le baptême de Likiriki…