L'ENFANT.
Voyons, voyons, donne-le d'abord.
(Il tend sa main.)
DOUCHMANTA, considérant la paume de sa main.
Ô prodige! sa petite main porte distinctement les lignes mystérieuses, pronostic certain de la souveraineté: je les vois briller, ces lignes, légèrement entrelacées en réseau le long de ses doigts délicats, tandis qu'il les étend pour saisir avec avidité l'objet qu'il désire. C'est ainsi que le lotus trahit le précieux trésor que renferme son sein, lorsqu'il l'entr'ouvre au lever de l'aurore pour recevoir les rayons du soleil.
L'AUTRE FEMME.
Ma chère Louora! ce n'est pas là un enfant que l'on puisse amuser avec de belles paroles. Va donc, de grâce, à ma chaumière; tu y trouveras un paon moulé en terre parfaitement colorée: prends-le, et reviens promptement avec ce trésor.
LOUORA.
J'y cours. (Elle sort.)
L'ENFANT.
Eh bien! moi, en attendant, je vais toujours m'amuser avec le petit lion.