Combien ne doit-il pas m'être précieux, puisque je lui dois d'avoir enfin regagné la confiance du fils de mon seigneur!
DOUCHMANTA.
Eh bien! qu'il brille donc de nouveau à ton doigt, comme une fleur éclatante dont se pare une jeune plante au retour du printemps.
SACOUNTALA.
Non, non, je n'ose plus me fier à lui: c'est au fils de mon seigneur qu'il convient de le garder.
CANOUA, les considérant tour à tour.
Vertueuse Sacountala, noble enfant, prince magnanime, ou plutôt la fidélité même, la fortune, la puissance réunies: voilà le trio enchanteur sur lequel se promènent avec avidité mes regards satisfaits.
DOUCHMANTA.
Divinité puissante! l'homme en est ordinairement réduit à former longtemps des vœux ardents avant d'obtenir la possession de l'objet désiré; mais, dans l'excès de vos bontés, vous avez même prévenu tous mes souhaits. D'abord paraît la fleur, et ensuite vient le fruit; ce n'est qu'après la formation des nuages que la pluie descend en rosée sur la terre: mais, par la plus flatteuse exception, avant même le plus léger indice, je me suis senti comblé de vos faveurs.
UN RELIGIEUX.