Ce qui sanctifie l'homme tient évidemment le premier rang dans la littérature de tous les peuples.
Les plus beaux livres sont les plus saints, et les plus saints sont les plus beaux. Le sujet élève le génie; l'homme devient divin en parlant de la Divinité.
II
Nous sommes étonnés que les philosophes, en cherchant une définition de l'homme, n'aient pas trouvé avant tout celle-ci: L'homme est le prêtre de la création. C'est là en effet le caractère distinctif de l'homme. Il cherche Dieu dans la nature comme le grand et éternel secret des mondes; il croit, il adore, il prie. Voilà les trois fonctions principales qui se rapportent à l'éternité; toutes les autres fonctions sont secondaires, et ne se rapportent qu'au temps.
Ces trois fonctions de l'homme prêtre de la création lui ont été forcément et glorieusement imposées par sa nature. Il ne dépend pas de lui de les abdiquer.
Os homini sublime dedit, cœlumque tueri
Jussit!
Les Indiens ont dans leurs proverbes une image qui exprime pittoresquement et physiquement cette vérité: De quelque côté que vous incliniez la torche, la flamme se redresse et monte vers le ciel.
III
La première pensée de l'homme lettré, au milieu de la nature ou de la société, est de chercher l'auteur de son être, pour lui porter l'hommage d'amour, de terreur, d'adoration ou de vertu qui lui est dû.
Sa seconde pensée est de le concevoir, de l'imaginer et de le définir dans les termes les plus sublimes que la force de son désir et la faiblesse de son intelligence, comparées à l'infini, puissent prêter à l'homme pour se représenter son Créateur.