LES DEUX ERMITES.

Nous sommes occupés à ramasser du bois dans cette forêt; là, sur les bords du Malini vous pouvez apercevoir l'ermitage de notre maître spirituel Canoua, où il habite avec Sacountala, dépôt précieux que lui a confié le destin. Si d'autres soins n'exigent ailleurs votre présence, daignez entrer dans cette humble retraite, où vous recevrez tous les honneurs dus à un hôte. C'est là qu'à la vue des austérités effrayantes et sans bornes que s'infligent une foule d'anachorètes, vous jugerez si ces vertueux solitaires méritent que pour les protéger votre bras soit incessamment froissé par le nerf toujours tendu de votre arc invincible.

DOUCHMANTA.

Vénérable brahmane, le chef de la famille est sans doute dans cet ermitage?

LES DEUX ERMITES.

Non, prince; il vient de partir pour Somatirtha, où il se rend dans l'intention d'invoquer les dieux, pour détourner de la tête de Sacountala des malheurs dont la menace le destin; mais, avant de s'éloigner, il a chargé sa fille de rendre aux hôtes qui pourraient survenir tous les devoirs de l'hospitalité.

DOUCHMANTA.

Eh bien! je la verrai donc; et, satisfait de mon zèle, j'espère qu'au retour du vénérable Canoua, elle me fera connaître à lui sous l'aspect le plus favorable.

LES DEUX ERMITES.

Seigneur, vous en êtes le maître, et nous cependant nous allons reprendre nos occupations.
(Le brahmane sort avec son disciple.)