—«Oui, grand prince,» dit l'ermite, «cette gazelle est nourrie dans notre ermitage. Que le ciel écarte de son flanc le trait du chasseur! Une flèche dans un corps aussi tendre serait comme la flamme dans une touffe de coton. Qu'est-ce que l'existence fugitive de ce frêle animal, comparée à la pointe acérée de tes traits?
«Replace donc promptement dans le carquois cette flèche meurtrière. Vos armes, ô rois! ne doivent être employées que pour protéger le faible, et non pour donner la mort à l'innocent.
DOUCHMANTA, avec respect.
La voici dans le carquois.
(Il l'y replace en effet.)
L'ERMITE, avec joie.
Pouvait-on moins attendre d'un noble descendant de Pourou, d'un monarque aussi accompli? Non, tu ne démens pas cette illustre origine. Puisse le ciel t'accorder un fils doué de toutes les vertus, un fils digne de régner un jour sur le monde entier!
LE DISCIPLE.
Puisse le sceptre de ton fils s'étendre sur les deux mondes!
DOUCHMANTA, avec respect.
Je reçois avec reconnaissance ce vœu d'un vénérable brahmane.