«Je suis plus jeune que vous,» dit-il aux deux interlocuteurs de Job, «et vous avez sur moi l'autorité des jours avancés.
«C'est pourquoi, la tête inclinée devant vous, j'ai craint de proférer jusqu'ici devant vous ma pensée;
«Car j'espérais que l'âge, qui a le droit d'être prolixe de paroles, parlerait à ma place, et que le grand nombre des années multipliait et enseignait la vraie philosophie (la sagesse).
«Mais, hélas! je le vois, l'esprit de l'homme n'est que du vent, et c'est la seule inspiration de Dieu qui donne l'intelligence . . . . . . . . .
«Je dirai donc à regret: Écoutez-moi à mon tour; je vous manifesterai ma philosophie . . . . . . . . .
«Car je vois qu'aucun de vous n'est capable de discuter avec Job et de le confondre.
«Mais je me sens plein de réponses, et l'inspiration qui m'oppresse soulève mes flancs.
«Je vais donc parler un peu et respirer un peu tour à tour; j'ouvrirai mes lèvres, puis j'attendrai la réponse.
«Mais je ne prendrai pas le rôle de l'homme qui interpelle son Créateur, je n'égalerai pas l'homme à Dieu;
«Car je ne sais pas même combien j'ai de moments à respirer, et si, après un court moment de vie, celui qui m'a fait ne me détruira pas ou ne m'enlèvera pas ailleurs.»